Moleskine

Cette nouvelle est dédicacée à Michel C.

A la base, ce plan était salement macabre mais c’était un pur jeu, je bandais comme un âne tous les jours tellement c’était jouissif, Hasbro aurait dû me racheter les droits mais comme j’ai plein de fric, j’en aurais rien eu à foutre et je leur aurais dit d’aller se faire enculer, bien profond comme dans un porno des pays de l’Est. Cependant, c’était trash, un truc interdit aux moins de 18 ans, impossible à produire, c’était difficile à croire mais franchement cool.

En effet, mes parents étaient friqués comme il fallait, je dépensais et mon compte était toujours plein comme un poivrot dans un bar, c’était fou mais j’avais cette chance, alors j’en profitais. Je ne savais pas quoi faire la journée, je dormais et la nuit, je sortais, pour dépenser « mon » argent. Je dépensais mon sperme et ma tune dans des putes, dans tous les sens (figuré, littéral et même en levrette). Mon compte en banque était comme mes couilles : je les vidais et le lendemain, c’était rechargé. La magie de la nature !

Alors au bout d’un moment, j’en avais assez, j’avais fait le tour des boîtes, des drogues, des alcools et des culs. Même si ces quatre éléments changeaient de temps en temps, c’était toujours pareil. Respectivement, les mêmes musiques, les mêmes trips, les mêmes cuites, les mêmes paires de cul/seins mais une seule chatte à la fois. Ma bite est unique, comme moi, je suis fils unique. Donc elle est seule comme moi.

Un jour, au détour de toutes ces merdes et de la cyprine coulant dans des verres à cocktail, une idée arriva : il était temps de jouer pour s’amuser. J’ai commandé un Moleskine sur internet et commencé à écrire sur quelques post-it des mots, des idées. Tout ça pour inventer un nouveau jeu, comme ça, pour tuer le temps. Trois post-it se détachèrent.

  • Utiliser les drogues.
  • Les femmes vénales.
  • La mort.

Putain de trilogie malsaine s’il en est !

Alors je me suis dit qu’il fallait mixer le tout en mode dégueulasse, pour faire un concept digne du vomi. Oui, le vomi, ce n’est qu’un tas d’aliment et de boisson digéré que l’on régurgite. J’allais faire la même avec ces post-it mais j’étais le shaker. Il faut dire qu’avec le temps et toutes ces merdes, j’avais eu le temps de devenir bien secoué, comme type ; c’était logique, j’étais un shaker humain à merde.

« Faire tomber des femmes dans la drogue pour qu’elles meurent. »

C’était beau comme si j’avais vu le cadavre de ma petite sœur de 15 ans morte. Mais comme je n’ai ni sœur, ni frère, c’était virtuel. C’était la magnificence de mon génie qui parlait !

L’imagination d’un sombre cinglé. Putain, j’avais un crédit illimité pour attirer les mouches. Les femmes sont à l’argent ce que les mouches sont à la merde. On va les attirer, les faire tomber profondément dans la drogue, douce et dure, elles vont devenir dingue puis perdre espoir et faire des overdoses ou se suicider ! Ce concept est puant comme leurs chattes après une nuit blanche en free party, ça va être l’extase, l’ecstasy même ! Ahah c’est bon, ça.

Le Moleskine que je venais de commander devait me servir à écrire les noms des victimes, avec les détails avant et après la fin. Un tas d’information sur leurs drogues favorites, les alcools, les positions sexuelles et surtout, leurs problèmes personnels.

Pour cela, il fallait les écouter, se procurer de la dope, et s’en servir contre elles. Plan génial, en plus, je vais utiliser un faux nom, de nouveaux costumes, de nouvelles coupes de cheveux, de new brand portables et plein de capotes aux différents goûts à chaque fois ; c’est excitant et puis, je vais changer d’endroit régulièrement. Mon père est puissant, au pire, un peu de corruption et je ressortirais tout blanc de la boue, avec un avocat bien cher qui servira de machine à laver. L’avocat de mon père, il est mieux que Whirlpool.

Ce que je vais noter, ça va être de la beauté pure. Par exemple, cela donne :

– Monica Johnson

– 23 ans. Actuellement, starlette nulle. Objectif : devenir une star de la TV.

– Grosse paire de seins, pas très intelligente. Suceuse de cola.

– Aime la vodka, les amphétamines et les soirées hype où tout le monde vomit.

– Fin : Suicide.

Elle était ma première victime. Celle qui donna le “La”.

Elle zonait toujours dans les mêmes types de soirée, dans des endroits à la mode. Facile à repérer, encore plus à intercepter, je me suis transformé en magnat de la production de sitcoms cheap Néo-Zélandais. Un type classe mais pas trop. Dans la médiocrité, correspondant au rôle en fait. Elle carburait à la Vodka, en shot, elle était vite bourrée, je l’ai observé pendant deux ou trois soirées et à la quatrième, je me suis approché d’elle.

« Hello, je suis Mark Walker ! Dis-je.

– Bonjour. Je m’appelle Monica. Je ne vous connais pas ?

– Non mais j’ai entendu parler de vous. Vous êtes à la recherche d’un rôle, c’est bien ça ?

– Oui, je cherche, je cherche, je suis sur quelques plans mais pour l’instant, j’attends un peu.

– Je suis producteur de série réputée sur le câble pour la télévision Néo-zélandaise. Votre profil m’intéresse. Voulez-vous me suivre ?

– Pourquoi faire ?

– Casting improvisé. »

Je l’emmena à l’hôtel, dans ma suite, je lui donnais un script que j’avais écrit à la va-vite la veille, un truc nul et chiant, inspiré par Santa Barbara et lui demanda de jouer pour moi. Elle jouais comme un pied, enfin, non, comme un pied-bot. Je lui ai dit qu’elle était formidable, flattée de l’ego, elle rougit. Je lui proposa de me donner son numéro de téléphone pour la suite, qu’elle allait signer un contrat et de passer la nuit-là. Elle me donna son cul. J’avais quelques pilules, je lui en donnais, elle les goba puis elle goba ma bite. Elle aimait gober des trucs, et surtout des mensonges. Elle était vraiment con comme sa lune.

A la fin du round, quand elle était bien défoncée, je l’interrogea :

« Dis-moi, Monica, quel est ton plus grand rêve ?

– Hmm, bah, euh, de devenir une star, répondit-elle, tout à fait déchirée.

– Ok, tu vas devenir une star. Mais si ça échoue ?

– J’ai déjà trop échoué, je peux plus, la drogue c’est cool.

– Oui c’est cool. Tu as trop échoué ?

– Ouaiiis, trop. Cela fait deux ans que je tente des trucs et rien. J’ai déjà tenté le suicide trois fois mais rien non plus. Je suis une looooser. Snif…

– Ne pleure pas, tu vas réussir.

– Snif. Oui… »

C’était trop facile mais sa fragilité se voyait à son comportement. C’était une victime, avec son faciès de poupée achetée en magasin discount, elle était ni belle, ni moche, elle était rien. Elle ressemblait à son destin. C’était une future morte évidente.

Le lendemain matin, j’étais parti, je lui laissais un numéro de téléphone avec un mot et une enveloppe pleine d’argent et d’amphétamines « Appelle-moi cet après-midi à 14:00 ». Elle a dû mouiller la chambre, j’espère que les femmes de ménage avaient des barques ou qu’elles savaient nager. C’est pas compliqué d’envoyer du rêve à une pauvre déprimée et looooser.

J’avais passé la matinée à chercher les castings les plus en vogue du moment. J’avais une sacrée liste, j’étais sûr qu’elle allait échouer. Comme une merde. Elle était tellement nulle, je comprends mieux pourquoi elle écumait les soirées. A mon avis, elle a dû en bouffer de la queue pour rien, je comprends mieux pourquoi elle suçait mon chibre comme un Mister Freeze. Faut dire, j’avais mis une capote au goût cola, c’était tout comme mais ça durait plus longtemps. Normal.

14:00 pile, appel.

« Salut c’est Monica.

– Ahhh Monica ! J’ai parlé de toi à quelques amis producteurs, je t’envoie une liste de casting à faire cet après-midi, tu y vas, ça va être la course mais c’est le prix à payer, il faut être sur tous les fronts.

– D’accord. Et l’enveloppe avec l’argent ? Les pilules ?

– C’est pour payer le taxi et pour tenir le choc. Tu commences à 15h, je t’envoie la liste dans 5 minutes, rappelle-moi ce soir. A+. »

Je lui ai raccroché à la gueule. J’envoyais la liste et attendais, tranquillement, avec un Bourbon en main dans un bar. Elle risquait d’être épuisée, au bout du rouleau, ahah. C’est logique, une telle chiasse finit toujours au bout du rouleau de PQ. Son moral va être ruiné, elle va péter un plomb, on va rigoler, ça ira vite.

22h27, appel.

« Salut c’est Monica…

– Ah Monica. Alors, tu les as bluffé ? Tu les as tué, ils sont tombés amoureux de toi, de ton jeu ?

– Non… ils ont dit que c’était pas la peine de revenir, ils m’ont jeté, tous…

– Oh, merde, bon, le deal c’est que tu exploses au moins un casting. T’es décevante. Laisse tomber, si personne n’aime ton jeu, inutile de te prendre dans une de mes séries, j’ai des objectifs. Salut.

– Je… je… »

Je raccrocha, vira la puce, supprima mon numéro dans les quinze minutes. J’ai fait brûler le téléphone, les habits, et tout le reste. J’avais disparu pour elle, définitivement. Il devait lui rester des pilules, du fric mais plus d’amour propre. Je l’avais détruit à vie, c’était sûr.

Le lendemain, je lisais dans le journal « Monica Johnson, starlette, s’est défenestrée cette nuit ». C’était dans la rubrique « fait divers » mais surtout, divertissant.

Personne ne l’avait vu avec moi, et tout le monde s’en foutait, cela avait été vite. J’avais ma première victime, j’étais fier, c’était le début d’une longue liste, la macabre attitude comme j’aimais à dire, personne ne savait que j’avais fait ce plan, j’étais toujours couvert (d’or et par mes contacts), j’étais devenu Dieu ! Je décidais si des femmes vivaient ou non. J’ai barré mon premier nom sur mon Moleskine comme cela.

Voici une liste de quelques victimes avant Elle.

#12 : Felicia Kings

– 20 ans. Etudiante en art, amatrice de free party, junkie.

– Aime la levrette sous LSD, et la beuh.

– Déteste le système. Lui dire qu’elle ne pourra rien changer, que la drogue est un autre monde, meilleur.

– Fin : Overdose.

#27 : Leila Marshall

– 35 ans. Secrétaire blasée, trompe son mari, souvent.

– Ne boit que des Mojitos. Culpabilise beaucoup. L’envoyer dans les pires trips. Organisation d’un gang bang chez elle, puis appelez le mari. Cela peut marcher.

– Fin : Tué par son mari, en son foyer.

#41 : Alicia Volker

– 28 ans. Hipster new hippy.

– Héroïnomane, déprimée. Étoile de mer au lit. Nulle. Trop facile à éliminer.

– Fin : Suicide.

Bref, c’était vraiment toujours facile, quand on a les moyens, on peut se faire plaisir, mon Moleskine se complétait de plus en plus, j’en avais près d’une cinquantaine, que j’avais souvent fourré, comme des pains à la crème. C’était jamais moi la crème, j’avais des capotes, j’étais fou mais pas idiot.

J’avais commencé à jouer à ça il y a presque deux ans, ce qui fait une très bonne moyenne.

J’étais un malade mental qui faisait ses statistiques, les graphiques de la folie !

J’étais à la recherche de la prochaine victime. Cela faisait un moment que je n’avais rien vu d’intéressant, quelques semaines maintenant, je sentais mes couilles se remplir, c’était très désagréable, surtout pour s’asseoir. Puis toutes ces femmes, elles vivaient, mais pourquoi faire ? Comme j’étais du genre à aimer la compétition, je me suis fixé des objectifs. Les dernières proies étaient trop faciles à cerner, dans des lieux un peu crasseux, dans le désespoir, il fallait trouver une difficulté supérieure. Au lieu de traîner les boîtes, les soirées de fraternité et autres endroits à cons, j’allais chasser la bourgeoises, dans les soirées mondaines, les « cocktails » et autres lieux plein de pompes à fric et de pompés friqués. Le retour à la source.

C’était dur, il fallait toujours être à la pointe de tout : l’économie (la base), les technologies, l’actualité, les religions, les nouveaux sex toys fashion et les infos people. Tout ça était lié comme dans une belle partouze orchestrée par des Illuminatis. Résumons simplement tout ça dans un manuel de survie nommé :

« Comment décrypter la bourse et se décharger les bourses ? ».

La femme normale, elle, s’en fout de tout ça, elle veut juste du fric, qu’on lui paie un truc, quitte à avaler du foutre. Mais pas celles de ce milieu, elles étaient au-dessus de ça. Tout était au-dessus du niveau mais le forniquage était conseillé, souvent, c’était normal. Je pense que ces femmes aimaient plus la bite que certaines porno stars. Et la liberté était le nouveau luxe.

Liberté de se faire enculer sans capote, ouais ! Putain, ces nanas étaient dingues et recherchaient toujours plus de sensations. Pas de capote, c’était prendre un risque, et c’est exactement ce qu’elles cherchaient : le risque, la liberté de le prendre, piloter une Lamborghini à contre-sens sur l’autoroute à vive allure, se faire sodomiser sans capote par un inconnu dans une rue. L’humain lambda a peur du résultat, elles, elles s’excitent avec ça. « Le Sida, l’aura, l’aura pas ». Je ne l’invente pas, je l’ai déjà entendu dans ce genre de gala.

L’autre jour, j’ai trouvé un concept pour ce genre de nénettes richardes :

« Mesdames,

Vous aimez le saut en parachute ? Trop facile…

Vous aimez le sexe ? Mais vous avez fait le tour…

Vous aimez la vitesse et les bolides ? Votre garage est rempli…

Venez tester la nouvelle attraction : un saut en parachute où vous vous faîtes défoncer le cul par 5 stars du porno et tout ça en Ferrari !!! Oui, le parachute est fixé au bolide et vous vous faîtes déchirer en DPDA par des beaux gosses bien membrés tout en suçant un autre du même acabit. Et le tout, en l’air. Vous allez vous prendre plus que du vent dans les cheveux.

VOUS ALLEZ VRAIMENT VOUS ENVOYER EN L’AIR !!! »

Putain, quelle connerie, mais ça pourrait marcher.

Des cinglées.

C’est marrant, j’avais presque oublié ce milieu, à force de m’amuser avec les femmes. J’avais oublié que je venais de là, ce milieu des gens friqués.

J’étais dans une galerie d’art, toute nouvelle, c’était le vernissage. J’admirais les tableaux, les décolletés plongeants et les petits fours. A la recherche d’un futur cadavre. Soudainement, une femme s’approcha de moi.

« Bonjour, je m’appelle Jena Marls.

– Jena ? Bonjour, je suis Philippe De Longhorn.

– Vraiment ? Vous rigolez Marlon !

– Euh, pardon ?

– Oui, je connais votre richissime père. J’ai grandi, je suis la fille de son meilleur ami, nous nous sommes vu quelques jours quand nous étions à peine adolescent.

– Possible, j’ai rencontré tellement de personnes à cette époque, je ne peux me rappeler de tout le monde.

– J’imagine bien. Mais pourquoi ce «Philippe De Longhorn » ?

– Oh, c’est un pseudo, je ne veux pas que l’on m’ennuie à propos de ma fortune, c’est le seul moyen que j’ai trouvé pour avoir la tranquillité.

– Ok, ok, je comprends. »

Elle me connaissait mais je ne m’en souvenais plus, c’était franchement étrange mais soit… Elle tenait à discuter avec moi.

« Bon, tu deviens quoi ? Me demanda-t-elle.

– Rien. Je vis de mes rentes, je profite de la vie, je mange des pommes.

– Oui, c’est bon les pommes. C’est tout ? Et les femmes ?

– Je me suis séparé de mon ex, je n’ai pas envie d’en parler. »

C’était un bon moyen pour couper court à la conversation mais elle resta à me regarder fixement, il ne fallait pas que je perde trop de temps. Malgré tout, elle était sympa et me posa pas mal de questions, j’esquivais toujours par des pirouettes verbales, j’étais un cirque permanent mais se louper aurait pu me trahir à vie. En effet, si elle me connaissait, elle pourrait en discuter avec mon père et ruiner mon manège. Décidément, c’était un truc de fête foraine, il ne manquait que les clowns. Enfin, dans ce genre d’événement, il y en a plein : ils nous entourent. Des bouffons partout, et ils ont aussi le nez rouge, mais pas en plastique : il est en alcool.

« Marlon, comme toutes les personnes de notre caste, tu dois aimer les trips un peu hard, non ?

– Oulah, tu es direct toi ! On vient de se revoir et tu me dis ça.

– Oui, pour passer le temps, ce vernissage est pourri, on dirait un show low cost d’un jeune artiste dans un patelin pourri. Pas drôle et ennuyant. J’espère que lui, n’est pas rempli de plein de vieux…

– Ok, ok. Bon, les trips hards, ça dépend.

– J’ai quelques G de CC dans ma suite, à 2 coupes d’ici.

– D’accord, prenons chacun une bouteille de Dom Per pour la route. »

Vu qu’elle me collait comme un Wrigley sur une chaussure ou du sperme dans les yeux d’une catin, il fallait trouver une solution rapide pour l’éliminer. Mais avant, autant se faire plaisir au passage. Si elle m’invitait dans sa chambre, ce n’était sûrement pas pour jouer aux 421 mais plus au 69. Et le tout, allongés dans la poudreuse qui pique.

Arrivés à la suite, les bouteilles étaient vides. Pas grave, elle avait prévu de quoi faire. La picole était hard, elle commençait à être un peu ivre, ça se voyait, elle était chaude comme un volcan mais j’espérais que sa vulve n’entre pas en éruption de suite, je supporte mal la lave dans la bouche. Moi aussi je sentais l’ivresse monter mais je devais garder mon objectif : devoir maîtriser la mort en poudre pour qu’elle tombe avant moi. C’est une femme, je n’aurais aucun mal, il est temps de s’y mettre, c’est l’heure, je vois presque trouble.

« – Hey ! Alors, il est où ton trip hard, parce que l’alcoolisme c’est bien mais être toxicomane c’est mieux.

– Oui, je te sors ça. Nouvelle, fraîche de Colombie ou d’un pays en ie, je sais plus. Elle est pure comme la chatte d’une gamine de maternelle.

– La métaphore est sympa, j’espère juste qu’elle pue pas la cyprine de vierge, ta coke.

– Non, c’est pas ma coke qui sent ça… »

La coquine, elle me regardait avec envie, la défonce allait être bien, il fallait durer, avec la bite, avec la cock. Enfin, la coke. Elle sortait son gros paquet, j’allais sortir le mien.

« – Viens, je sors ma … lui dis-je.

– Non, non, on ne mélange pas les délires. Défonce-toi puis après, défonce-moi ! »

Je pris quelques rails de la distance NYC-LA, histoire de montrer que j’avais confiance, ça allait aider à la mettre à terre, pour la niquer, dans tous les sens du terme. Mais c’était une mauvaise idée, comme quand on saute une fille bourrée, genre en Fosbury. Je commençais à me sentir mal, très mal, trop mal.

« – Désolé, la CC que je t’ai filé est un peu… spéciale. Dose de cheval, mélangée avec des trucs de merde, GHB, héro, aileron de requin en poudre, tout à fait pour toi, vieux fou ! Me dit-elle.

– Putain mais gniii… »

Tout était trouble, ça allait vite, merde, c’était abusé, je voulais l’impressionner, je me suis fait niquer, je me sentais crever comme une vieille pute, j’étais en train de crever comme un pneu sur une herse. J’étais donc ça, la mort, crever sur une herse, se dégonfler et mourir.

En fait, je ne l’avais jamais vu, cette fille ! Jena Marls, c’était pas un nom de parfum pour femme ? C’est quoi cette connerie…

Avant la fin du monde, de mon monde, j’eus le temps de la revoir une dernière fois. Elle était belle, et lumineuse, et elle était en face de moi, à me regarder. Elle avait oublié sa faux, c’est con.

Elle a sorti un Moleskine, noté un mot sur une page. On pouvait y lire :

#72 : Marlon Yales

– 32 ans. Rentier, imbu de sa personne.

– Serial killer, avec un code similaire au mien.

– Intelligent et déterminé. Mélange alcool et drogue à tenter.

– Fin : Overdose.

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Busta Ja
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J'aime beaucoup l'absurde, les chips, le rap et les cloportes. Je suis titulaire d'un doctorat en bière. Areligieux, je milite pour la liberté de parole et la recrudescence du trash. J'observe le monde du haut de rien du tout. Memento Mori.