Interview : Tisha, comédienne d’improvisation au GIT

Bonjour à tous, suite de notre série d’interview commencée par Tarmouille avec le modèle Manny Koshka. Cette fois-ci, place à l’improvisation et c’est Tisha qui a accepté de répondre à quelques questions. Cette interview s’est déroulée le mardi 5 Décembre au soir, juste avant une représentation à la salle lilloise du Biplan.

Tisha attentive au départ de Didier sur sa “chronocyclette”

Bonjour Tisha, et merci de recevoir Lille Lettré. En préambule, peux-tu nous dire quelques mots sur le GIT? 

Bonjour ! Le GIT(prononcer gîte), c’est le Groupe d’Improvisation du Terril. C’est une ligue d’improvisation qui a 7 ou 8 ans maintenant, nous sommes une troupe amateur et nous avons différents formats qui ne sont que de l’improvisation : soit des matches ou des performances. Dans le GIT, le gens viennent de tous les horizons. Nous avons des personnes venant du milieu artistique comme des RH, des professeurs, des architectes… Nous avons un bel horizon dans le GIT !

Parfait pour cette petite présentation. Maintenant, peux-tu nous en dire un peu plus sur le spectacle de ce soir, sans pour autant nous en dévoiler du contenu ou de surprise ? 

Alors il n’y a pas de surprise à avoir, puisque de toute façon ce soir tu vas voir est totalement improvisé. En préambule, une demi-heure avant le début du spectacle, des “serveurs” viennent chercher des commandes de boissons auprès du public. Ces boissons sont en fait des catégories d’improvisation. Par exemple, si tu commandes une “Bloody Mary”, ce sera une improvisation qui fait peur.

Affilié à cette boisson, on va demander aux spectateurs de nous donner un thème. Du coup cela va donner un cocktail, par exemple un Bloody Mary sur le thème “la vache folle”. Après avoir récolté tous les cocktails du public, les joueurs rentrent sur scène, sans connaître les cocktails concoctés. Au fur et à mesure du spectacle, les serveurs vont distiller une à une les catégories et les thèmes, et les joueurs vont totalement improviser là-dessus.

Du coup, comment vous préparez-vous par rapport à cet inattendu ? Vous avez des entraînements ou des  routines pour vous préparer ? 

Effectivement nous avons un training toutes les semaines, nous nous réunissons le mardi soit entre nous (quand on ne joue pas au Biplan). Nous travaillons soit des thématiques théâtrales (l’écoute, le personnage, la construction), soit nous travaillons des catégories, nos propres catégories d’improvisation ou celles que l’on peut rencontrer en matches.

Ca tombe bien que tu parles des matches d’improvisation. Peux-tu nous expliquer rapidement les points communs ou les différences entre un match et un spectacle d’improvisation ?

Lors d’une performance comme celle de ce soir, bien souvent il n’y a qu’une seule Ligue qui est présente. Il n’y a pas de compétition, ni de temps imparti. Dans le cadre de l’Impro à la Carte c’est le “Patron”, une personne en régie, qui va interrompre les improvisations quand il le souhaite, parce qu’il estime qu’il y a une belle chute et qu’il n’y a pas besoin de poursuivre.

En match, on va se retrouver contre une autre ligue d’improvisation. Dans notre cas, nous invitons souvent d’autres ligues de toute la France, voire même de Belgique. Nous nous déplaçons aussi. Lors d’un match, les deux équipes sont en compétitions sur deux types d’improvisation :

  • les improvisations comparées, où chaque équipe joue à tour de rôle sur le même thème
  • les improvisations mixtes, où les deux équipes jouent ensemble

A la fin de chaque impro, un vote du public est demandé par l’arbitre, qui est également un personnage fort du match. Les votes sont souvent exprimés à l’aide de cartons rouge d’un côté et blanc de l’autre, afin de donner des points à chaque équipe. Et à la fin, il y a forcément un gagnant !

Si tu nous parles d’arbitre, c’est qu’il peut y avoir des fautes. Peux-tu nous en dévoiler deux ou trois en exemple et les expliquer ?

Le match étant très sérieux et protocolaire malgré la rigolade qui accompagne chaque improvisation, l’arbitre peut signaler grâce à son sifflet (ou un kazoo) les différentes fautes commises par les joueurs. Par exemple, il peut siffler une faute d’écoute quand une équipe ou un joueur  n’a pas bien écouté son partenaire ou l’équipe adverse, et que son action va à l’encontre de la construction de l’improvisation ou est contradictoire avec de qui vient d’être énoncé ou joué. Il peut y avoir des fautes de cliché également, nous n’avons pas le droit de citer des marques, de nommer un personnage existant… Il existe beaucoup d’autres fautes, mais je peux également te parler de la faute de cabotinage, quand on estime qu’un joueur en fait un peu trop ou qu’il fait des blagues faciles.

L’ustensile de l’arbitre pour siffler des fautes, au cas où

Il faut également savoir qu’il existe des fautes d’équipe, et des fautes personnelles. Un joueur qui commet trois fautes se retrouve exclu du match, tandis que trois fautes d’équipes donnent une bascule de point à l’adversaire.

Pour revenir sur votre spectacle qui est mensuel au Biplan , est-il encore d’actualité en 2018 ? Et avez-vous d’autres projets ?

Depuis plusieurs années nous avons un partenariat avec la salle du Biplan, qui nous permet donc de nous présenter tous les premiers mardi du mois le spectacle de ce soir “L’impro à la carte”, sauf pendant les grandes vacances. Nous les remercions et nous apprécions de pouvoir travailler avec eux.

Nous avons également une forme plus ponctuelle sur l’année qui s’appelle “L’impro Diapo”, ici aussi au Biplan principalement. A partir d’images envoyées par le public en amont du spectacle, un régisseur les récolte et les regroupe par catégories. Et sur le même principe que ce soir, le public va choisir une photo (cachée) par catégorie, et les joueurs vont devoir jouer par rapport au décor,un objet de la photographie. C’est une autre façon de travailler mais que l’on effectue avec plaisir, car on aime ce surprendre.

Passons maintenant à des questions plus personnelles. Depuis combien de temps fais-tu de l’improvisation ? En as-tu fait ailleurs qu’au GIT ?

Si je compte bien, j’entame ma sixième année de GIT. Je suis à la base du théâtre classique, j’ai fait le Conservatoire de Roubaix par exemple. Je fais du théâtre depuis que je suis très jeune. J’ai eu une expérience d’impro quand j’étais adolescente, où ça s’était très très mal passé. Mais une fois arrivée à la fin de la vingtaine, j’avais envie de renouveau, de me surprendre à nouveau. Je me suis posé la question “Est-ce que tu ne te confronterais pas à nouveau à l’improvisation ?” , en sachant que j’avais déjà vu des spectacles du GIT, puisque je les avais programmé lors d’un festival. Et comme ça a plutôt accroché avec certaines personnes de la ligue, j’ai tenté ma chance.

J’ai passé les sélections et j’ai été retenue. Ça a été un gros challenge pour moi car au début cela me faisait très très peur. Et au final le groupe étant très soudé, bienveillant, on évolue beaucoup et on prend de plus en plus confiance. Nous avons tous notre univers à apporter, et c’est ce qui est apprécié par tout le monde. Il m’arrive aussi d’animer des trainings, par exemple sur le cinéma car je suis cinéphile. J’apprécie de pouvoir transmettre mes connaissances sur des catégories.

Pour des gens qui ne connaissent pas l’improvisation et qui aimeraient s’y mettre, quels sont les processus d’intégration à des ligues ? Et comment apprend-on à faire de l’impro ? 

Ici au GIT, on ne forme pas à l’improvisation, nous recherchons des gens qui ont déjà un profil théâtral à la base. Car quand l’on vient en training, c’est pour s’entraîner et non pour se former au théâtre ou à l’improvisation. Du coup lors d’une sélection pour recruter quelqu’un, nous allons beaucoup regarder comment se comporte la personne dans un groupe, et son envie de s’intégrer et de s’investir dans l’association. En général, quand on rencontre des profils novices en théâtre mais qui ont l’envie de faire de l’impro, nous les dirigeons soit vers des ateliers de théâtres, soit vers d’autres ligues qui elles donnent des formations. Je pense par exemple à la LILA ,à Trompe l’Oeil ou encore à Lille Impro. Ce sont des structures où l’on peut s’inscrire pour prendre des cours. On leur conseille ensuite de revenir une fois un peu plus aguerris.

Une fois que la personne entre dans l’association, elle progresse à son rythme. Tant qu’elle ne se sent pas prête à monter sur scène, nous n’allons pas la forcer, ce n’est pas notre but. Nous voulons un spectacle de qualité et que les joueurs se sentent à l’aise. Nous sommes toujours ouverts à la discussion avec les personnes intéressés.

Et bien merci beaucoup pour cette interview très complète ! As-tu encore des choses à ajouter ? 

Venez nous voir, même si nous sommes souvent complets ! Et retrouvez-nous également sur notre page Facebook pour suivre nos actualités.


Les prochains rendez-vous du GIT, au Biplan :

  • les mardis 6 Février et 6 Mars pour l’impro à la carte
  • le samedi 17 Mars pour une Impro Diapo

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Guillaume R
Foot, humour, bière, potes, saucisson. Un bon résumé de ce qu'on attend de la vie. Je ne veux pas me prendre la tête, juste des cuites.