Une erreur monumentale (partie 4 et fin)

Chers lecteurs,

Nous voici enfin arrivés à la fin de l’histoire, je vous laisse savourer le dénouement. Attention âmes sensibles, s’abstenir.


“Ah enfin, je la rencontre. Depuis le temps que tu me parles d’elle…”

Je lui fis un sourire forcé, honnêtement, je n’avais pas le cœur à ça…

Alors que je me dirigeai vers la cuisine pour y déposer les courses, Marie, impatiente, m’agrippa la main et m’emmena dans le salon. Alors que je passais la porte de salon, mon sang se figea, mon regard aussi.

“Non.

C’est impossible.

Mes yeux me jouent des tours.

Non, je…”

Sa mère qui se levait pour me dire bonjour, se figea également, la bouche grande ouverte, les yeux écarquillés.

Marie, qui était entre nous deux, ne comprit pas notre réaction tout de suite, puis ayant fait d’un coup le rapprochement avec l’histoire qu’avait commencé à lui raconter sa mère, elle se mit à hocher la tête de gauche à droite et murmura :

“Non… C’est impossible. Ça ne peut pas être ça, regardez-moi tous les deux, dites-moi que je me trompe !”

Je n’osais pas la regarder, je baissais les yeux vers le sol, me répétant à moi-même que ce n’était pas possible, je n’avais pas pu faire ça. Sa mère la regarda les yeux emplis de larmes, prête à éclater en sanglots.

“Je… je, chérie, je ne savais pas, je ne pouvais pas savoir, je te jure !”

Marie devint rouge de colère.

Elle tourna la tête vers moi et parla avec une rage dans la voix :

“Mais toi, espèce de sac à merde, je te jure que tu me dégoûtes à un point ! Tu couches avec des clientes de ton hôtel ? Mais t’es vraiment un sale connard irrespectueux ! Et en plus de me tromper, tu te tapes ma mère ? Mais sérieusement ? Tu te sens pas mal là ?

Franchement, l’expression était faible, je me sentais comme le plus gros connard de l’univers.

“Chérie…

– Ne m’appelle plus comme ça désormais !!!”

Elle s’approcha de moi, je pensai qu’elle allait me gifler jusqu’à ce que son poing fermé atterrisse sur ma mâchoire.

Je fus tellement surpris, j’en tombai sur le cul.

Elle regarda sa mère, le visage fermé et froid, jamais je ne l’avais vue comme ça. Elle, qui est d’habitude si souriante et enjouée.

“Maman, je sais que tu ne pouvais pas le savoir, mais s’il te plait, j’aimerais que tu quittes mon appartement…

– Mais Marie !

– Fais ce que je te demande !” rétorqua-t-elle sur un ton autoritaire que je ne lui connaissais pas.

Sa mère s’exécuta, en pleurs, elle reprit sa valise sans même me jeter un regard. Était-ce du dégoût ou de la honte ? Je pense qu’il y avait un peu des deux.

Elle quitta l’appartement sans dire un mot. Une fois seul avec Marie, j’essayais de me justifier, de m’excuser, mais comment justifier l’injustifiable ?

Tandis que j’essayais d’aligner quelques mots, Marie me regardait les bras croisés, le visage rouge entre la crise de rage et l’éclat en sanglot. Elle me coupa net dans mes paroles et me dit :

“Franchement, Max, ferme-la, prend tes affaires et casse-toi d’ici.

– Mais chérie, laisse-moi au moins…

– Tu préfères que je balance directement tes affaires par la fenêtre ?”

Au ton de sa voix et à son regard, je compris que ce n’était pas la peine d’insister.

Sans un mot, je suis allé dans la chambre prendre quelques affaires et je pris la direction de la porte. Une fois dehors, j’appelais un de mes meilleurs pote pour savoir si je pouvais crécher chez lui quelques nuits. À ma voix, il comprit que c’était grave et il ne préféra pas me poser de questions.

Quelques minutes plus tard, j’étais chez lui et lorsqu’il me demanda ce qu’il s’était passé, je ne pu m’empêcher de laisser couler quelques larmes.

Cette nuit-là, je ne pus trouver le sommeil. Je n’arrivais pas à penser à autre chose et au fait de l’improbabilité de la situation.

Le lendemain je retournais au travail avec une boule au ventre, j’avais comme un mauvais pressentiment.

Et malheureusement, je ne m’étais pas trompé.

Après quelques heures de boulot, Marie débarqua à l’hôtel, et sans me regarder, elle alla directement dans le bureau du directeur.

Il ne m’a pas fallu longtemps pour comprendre ses intentions. Quelques instants plus tard, elle sortit de l’hôtel sans même me jeter un regard, puis le directeur me convoqua tout de suite après dans son bureau. Marie lui avait expliqué ce qu’il s’était passé sans trop rentrer dans les détails. Je fus clairement remercié pour mes services et mis à la porte.

Mais la punition ne s’arrêta pas là…

Je fus banni de plusieurs cercles d’amis. Notamment ceux que nous avions en commun. Elle m’a fait passer pour le dernier des salauds et j’en ai perdu les trois quarts.

Mais comment lui en vouloir après ce que je lui ai fait ?

Une semaine après elle trouva un appart en résidence étudiante et me laissa dans l’appart. Mais je n’avais pas les moyens de payer seul. Je dus donc l’abandonner et je partis vivre chez Marc, un ami, en attendant de retrouver du travail.

6 mois ont passés et je n’ai pas réussi à sortir la tête de l’eau. Une grosse partie de mon chômage part dans les bars, la femme de ma vie me déteste, j’ai perdu beaucoup de mes amis, mon job, et je suis grillé dans la plupart des hôtels de la région.

Dans un dernier éclair de lucidité, je me décide à mettre fin à mes jours. J’ai détruit ma vie et celle de la femme que j’aime, tout ça pour un coup d’un soir. Je ne le supporte plus et je préfère me détruire une fois pour toute qu’à petit feu.

Je laisse cette lettre avec toute la vérité afin que ma famille et mes derniers amis sachent pourquoi j’en suis arrivé là.

Ps: Mon pote, désolé de t’infliger ça…

Max

Marc, l’ami de Max, les yeux pleins de larmes chiffonna la lettre et regarda une dernière fois son ami étendu, là, sur le canapé, la bouteille de whisky encore agrippée à la main et la boîte de cachets sur le sol.

Il en voulait à Max d’avoir fait ça mais après avoir lu la lettre et eu le fin mot de l’histoire, il comprit mieux son geste.

FIN.

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Man in Suit
Le costume cravate est devenue l armure du chevaliers des temps modernes, alors chevaliers de la table de l apero levez vos verres et célébrons la connerie humaine