Dunkerque

film dunkirk
Cet article n’a pas pour but de donner une critique journalistique construite du film Dunkerque mais plutôt un ressenti global et un éclairage sur les faits historiques.

Tourné dans les rues et sur la plage de Malo (quartier de Dunkerque), le dernier film de Christopher Nolan raconte le principal événement de la débâcle franco-anglo-belge de la seconde guerre mondiale. Quelques anachronismes se remarquent assez facilement à l’écran. (Toit de maisons modernes dans la scène des dunes, digue du break construite a posteriori…) mais cela ne corrompt en rien l’authenticité des lieux à l’écran. Les villas malouines sont mises en évidence par une scène de “course poursuite” dans laquelle un soldat anglais cherche à éviter les balles d’un ennemi invisible.

The movie

Suite à cette introduction, le réalisateur joue la carte de l’intensité en proposant de suivre 3 time lapses différentes basées  sur les soldats attendant sur la plage, les bateaux venant à leur rescousse et les avions les protégeant. Par ce jeu du temps cher à Nolan (voir Interstellar, Inception), la relation entre chaque entité (Marine, Terrestre et Air) est très marquée et relève l’importance de chacune par rapport à l’autre. Les scènes s’enchaînent assez rapidement pour tenir le fil de l’action, le tout marqué par une bande son et des effets sonores percutants.
Ce film n’est pas un film de guerre classique mais plutôt un film de survie. On trouve beaucoup de ressemblance avec Seul Au Monde qu’avec Il faut sauver le Soldat Ryan. La chose militaire ne se traduit que par des soldats faisant la queue pour embarquer. Dans les films du genre, l’amiral se serait retrouvé dans une tente pour définir une organisation précise d’évacuation avec une stratégie de couverture des hommes, périmètre de sécurité… L’ennemi est ici invisible excepté quelques avions de la Luftwaffe. Les britanniques ne sont là que pour survivre.

Comment en est-on arrivé là?

La guerre est déclarée entre la France, l’Angleterre et l’Allemagne depuis 1939. Planquée derrière la ligne Maginot en Alsace/Lorraine, l’armée française attend. Jusqu’en 1940, où l’armée allemande, pas folle, attaque par la Belgique. Les Britanniques se positionnent donc dans le Nord pour empêcher une attaque en plaine par la frontière au Nord. Français et Britanniques se disent “De toute façon, ils ne passeront pas par les Ardennes, c’est trop vallonnée pour leurs Panzer (tanks, blindés)” Les Allemands franchissent donc la frontière par les Ardennes et foncent vers la Manche pour encercler les armées franco-belgo-anglaises restées au Nord. Dans une tenaille de plusieurs centaines de kilomètres à faire pâlir la 7e compagnie, les Allemands remontent la mer pour resserrer l’étau autour de l’axe Lille-Dunkerque.
Pendant que le général Weygand prépare un plan de contre-attaque ayant pour objectif d’établir une percée vers le Sud en direction d’Arras, le général Gort préfère retirer les troupes britanniques vers la Mer (sans en avertir ni l’état Major ni les alliés), direction DK. Les français sont, bien malgré eux, obligés de leur emboîter le pas et l’armée belge se retrouve seule pour protéger le flanc droit du corridor Lille-Dunkerque. Démuni, le roi des Belges choisit la capitulation (sans en avertir ses alliés au préalable). L’armée allemande arrive à une trentaine de kilomètres de Dunkerque et s’arrête pour pique-niquer.

Un détail décisif

Pourquoi cet arrêt ? Plusieurs hypothèses existent. La première voudrait qu’Hitler ait demandé à ses troupes de stopper leur avancée pour entamer des négociations avec les Anglais pour en faire un allié de poids dans la conquête de l’est. Malgré le pacte de non agression entre Staline et Hitler, ce dernier serait déjà en train de préparer l’opération Barbarossa de conquête de l’URSS. La seconde que le général allemand en charge des troupes attaquant la ville ait voulu repositionner celles-ci en vue de l’assaut final. La dernière que Goering ait fait la demande à Hitler d’interrompre l’avancée terrestre et de laisser la victoire finale à l’aviation allemande. Cet arrêt de trois jours a donné le temps nécessaire à l’armée britannique pour évacuer.
Au final, l’opération a été un succès. Prévue pour sauver 40 000 soldats, l’armée britannique en a évacué environ 340 000 dont environ 100 000 français. Une légère incohérence se trouve dans le film à ce sujet indiquant que les Rosbeefs étaient prioritaires vis à vis des Frogs. Churchill a très rapidement demandé à ce que les deux armées soient traitées sur un pont d’égalité.

Sources

Evacuation de Dunkerque

Bataile de Dunkerque

Le Parisien – Opération Dynamo, une histoire oubliée de France

Focus – Dunkerque, différences entre le film et la réalité

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Trutru
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Passionné de sport, grand connaisseur en football et buveur de bières invétéré…