Spider-Man Homecoming

Le voilà, ce fameux Spider-Man tant attendu par tous les fans du Marvel Cinematic Universe, tant « et aller, encore un énième [sixième en fait] film sur l’homme araignée… » par les blasés du genre.

Un retour au bercail attendu.

Il faut dire que, depuis le bug de l’an 2000, nous avons droit, dans un rythme toujours plus rapide, à des salves de films blockbuster-iens issus de la bande dessinée américaine (les comics), et principalement du catalogue Marvel (X-Men, Spider-Man, Les 4 Fantastiques, la bande des Avengers …).

Toutefois, sans revenir sur l’histoire de Marvel, la répartition de tous ces droits a fait que trois univers distincts existaient, sans lien entre eux. Ainsi, pas de poignée de main possible entre Avengers (Marvel Studio), mutants (Fox) et araignée (Sony). Jusqu’à ce Spider-Man Homecoming (coucou le nom bien porteur de sens), issu d’une collaboration inespérée entre Sony et Marvel Studio (qui aurait bien sûr préféré récupérer complètement les droits). Bon ok, Spider-Man avait déjà fait une apparition dans Civil War, en guise d’annonce du « retour » de l’un des Super Héros les plus connus au bercail, mais c’est vraiment Homecoming qui marque l’entrée de Spider-Man dans le MCU, cet univers où évoluent tous les membres de Avengers, que ce soit dans leurs films solo ou collectif, ainsi que les Gardiens de la Galaxie (ne pas l’oublier). Il aura ainsi fallu deux itérations, la (superbe) trilogie Spider-Man de Sam Raimi et les (décevants) Amazing Spider-Man 1 & 2 de Marc Webb, mais surtout l’échec de la dernière, pour que cette cohabitation puisse voir le jour.

C’est peu dire si ce Spider-Man financé par Sony et réalisé par Marvel Studio (pour schématiser rapidement) était donc attendu de pied ferme comme l’espoir d’un renouveau d’une franchise « salie » et d’un genre essoufflé après dix-sept années d’exploitation.

Un (re)nouveau vient d’entrer en jeu.

Au niveau de l’histoire, ce film se situe pleinement à la suite de Civil War : après son petit voyage à Berlin avec les Avengers d’Iron Man pour stopper les Avengers de Captain America, Peter Parker est de retour à New York, et doit reprendre le cours de sa vie, attendant avec impatience un coup de fil et une nouvelle mission avec les Avengers. Un tel placement dans l’histoire est plutôt bien vu : on nous épargne la re-redite des origines du tisseur, tout en nous présentant un apprenti héros, encore très maladroit et impatient. C’est d’ailleurs cette impatience qui fait le fond du scénario ici, et l’air de rien, c’est un réel changement dans la façon de construire un premier film. Finie la construction parallèle entre la genèse du héros et du vilain, le côté binaire du chemin choisi, bien VS mal : Spider-Man est déjà en activité (si on peut dire), et une simple scène de quelques minutes dès l’introduction suffit à présenter comment le « vilain » en est arrivé là. Simple, sans débordement, efficace. De même, l’univers de base est présenté sans forcer, simplement en suivant des petites scènes de vie très bien placées, sans jamais en faire trop, que ce soit l’entourage de Peter Parker ou celui du Vautour. Toutefois, on pourra regretter quand même quelques petits « surplus », et on peut ressentir parfois de l’insistance sur le côté MCU du film, et l’on a parfois l’impression que ce film se concentre surtout sur le fait que nous sommes bien dans l’univers des vengeurs ici. C’est un poil dommage à mon goût: j’apprécie de voir un univers lié, et je suis content de voir l’univers Marvel se retrouver, mais j’aime bien aussi pouvoir savourer un film de manière relativement unitaire. Ici, clairement, celui qui n’a pas suivi le MCU passera à côté de plusieurs références (même si j’ai lu le contraire, pour moi, il faut avoir vu au minimum le premier Avengers et Civil War, sauf que pour voir et apprécier ces films, il est préférable d’avoir vu les autres aussi… tout est lié je vous dis !).

Enfin un vilain correct  ?

Comme je le disais plus haut, on a ici, enfin, une façon différente, on pourrait presque dire innovante, de présenter le vilain de l’histoire (nous sommes chez des Super-Héros, il faut toujours un vilain!). À l’instar du film précédent avec Electro, Spider-man aura ici à affronter un vilain peut-être moins connu des néophytes : le Vautour. Bon, soyons précis tout de suite pour les lecteurs de comics, cette version est une revue complète du Vautour ! Et franchement, cette relecture du Vautour, bien ancrée dans l’histoire du MCU (quand je vous dis qu’il faut un peu connaître!), est assez intéressante. D’ailleurs, je sais pas si c’est de la fatigue, ou une bonne narration dans le film, mais il y a un petit twist que je n’ai pas anticipé durant le film (alors que je me plais souvent à analyser et prédire les choses tellement les scénarii me semblent devenus trop prédictifs…), et ça m’a bien fait plaisir!

Nous avons ici un Vautour en exercice depuis quelques années, ce qui nous permet donc encore une fois de ne pas perdre de temps avec une origin-story trop longue (quelques minutes suffisent je vous ai dit!), campé par un Michael Keaton charismatique et en forme qui incarne un personnage vivant. Et si la raison de la réussite de son « business » sans être découvert pendant si longtemps peut paraître capilo-tractée, il y a quelques explications par-ci par-là qui rendent les faits assez acceptables.

Le Vautour reste au long du film assez mystérieux, avec des motivations plus travaillées que ce dont nous avons l’habitude: il n’est pas juste un méchant parce que le héros lui a cassé son jouet à la cours de recrée, mais bien un homme qui a choisi un chemin dangereux pour des raisons crédibles et doit faire des choix qui peuvent nous parler et même nous amener à nous interroger sur les choix que nous ferions. Et c’est là une grande force de ce personnage, cette capacité à le comprendre qu’il nous offre tout au long du film.

Tout de même des lacunes

Tout n’est cependant pas si parfait dans ce film. Outre les lourds rappels MCU, le film a ses tares, ses petits manques et ses ratés.

On a par exemple du mal à s’attacher à certains personnages (coucou Tante May), et c’est d’autant plus frustrant pour celui qui connaît un tant soit peu l’univers du tisseur et l’importance de son entourage (même Flash Thompson!, ici assez loin j’ai trouvé du Flash que l’on connaît). Si l’on échappe pas au classico-classique love-interest, surtout avec un personnage adolescent, le personnage n’a qu’un intérêt très maigre et une présence assez quelconque à l’écran. C’était pourtant bien vu de se passer de Gwen et Mary-Jane, pour explorer (peut-être?) d’autres petites aventures amoureuses, mais non, la magie n’est pas là, c’est dommage, Gwen et MJ resteront les deux seules femmes dans la vie de Peter pour moi (avec May, mais la phrase aurait eu une drôle de tournure…). Cela va de même du côté des antagonistes, où les personnages autour du Vautour sont peu présentés, et au final assez banalisés alors que nous avons, entre autre, un autre vilain classique de l’univers du Tisseur.

On pourra également regretter que bien que nous ayons un Peter Parker adolescent dans le titre, la vie de lycée n’est pas si présente que cela. Peut être était-ce une fausse idée que je m’étais faite, mais avec les bandes annonces, je m’attendais à voir un peu plus la vie de lycéen, et des combats de Spider-Man au sein même de l’école. Au final, beaucoup du film se déroule en extérieur, trop à mon goût (et bien assez pour rappeler que nous sommes dans le MCU, j’y reviens encore!). De la même manière, les bandes annonces et les affiches laissaient comprendre une forte présence de Tony Stark, ou du moins Iron-Man, qui n’a au final pas tant de place que cela, certains pourraient le regretter, moi je m’en réjouis quand même.

Au niveau du MCU, si le film se situe chronologiquement après Civil War, je n’ai pas eu le sentiment que les retombées soient prises en compte : quid des accords de Sokovie et ses conséquences ? Du cas Captain America ? Certes, ça permet de ne pas alourdir le film avec un besoin plus grand en connaissance de l’univers développé par Marvel Studio, mais quitte à forcer les références, autant le faire correctement et pleinement, non ?

Enfin, comment ne pas évoquer la qualité des effets spéciaux, à l’heure où le DCU (l’univers ciné de chez DC Comics, le « rival » historique de Marvel) est raillé après les soit-disant décevants Batman v Superman, Suicide Squad et Wonder-Woman (avis que je ne partage pas vraiment), entre autre pour la non qualité de ses effets spéciaux, de ses fonds verts trop visibles, notamment dernièrement sur la bande annonce de Justice League. Je trouve impressionnant cette espèce de petite guerre pro-Marvel / pro-DC où la mauvaise foi prend souvent toute la place (ça mériterait des lignes, mais c’est tellement (sur)fait ailleurs…). Bref, dans ce Spider-Man Homecoming, la qualité n’est malheureusement pas toujours au rendez-vous. J’ai notamment été marqué par une scène où Spider-Man s’amuse à faire des bonds sur les toits, dans une animation complètement -osons les mots- dégueulasse ! Heureusement, tout le film ne souffre pas de cette maltraitance, mais je trouvais important de souligner que nous avons ici un exercice difficile, et que la nature même des aptitudes de Spider-Man amène forcément à l’utilisation du numérique, et s’il y a un endroit où l’on attend du spectaculaire pour notre Monte-en-l’air, c’est bien dans ces phases sur et entre les buildings (et pour l’amateur de comics, l’élasticité incroyable dans les postures) et que ça ne marche pas toujours dans le film.

Pour conclure

En conclusion, ce Spider-Man apporte de la fraîcheur au genre, ce qu’avait réussi à faire dans un autre style il y a quelques années Gardien de la Galaxie. C’est aussi la première fois chez Marvel Studio que nous avons un antagoniste digne de ce nom et d’intérêt, qui n’est pas construit comme un double maléfique de notre héros et surtout qui est campé avec un acteur qui semble parfaitement comprendre et tenir le rôle, à tel point qu’on peut éprouver de la compassion pour lui.

Les déçus des derniers Spider-Man et fans de ce qu’a pu bâtir Marvel Studio depuis le premier Iron Man seront ravis de retrouver le style « Marvel Studio » dans ce Spider-Man Homecoming.

Et les amateurs de comics se réjouiront aussi de voir Spider-Man au milieu des Avengers, et de retrouver les qualités premières de Spider-Man : un jeune maladroit, bavard et l’humour qui accompagne généralement le Tisseur, même si celui-ci ne provient pas majoritairement de lui.

Les plus

  • Spider-Man dans le MCU
  • Pas de nouvelle redite sur les origines !
  • Le Vautour
  • Une verso ado du Spider-Man maladroit qu’on aime lire

Les moins

  • Vous êtes bien dans le MCU, regardez !
  • Pas vraiment la vie de lycéen
  • Peu/pas de « nouveauté »

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Chti
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Exilé, mais toujours en mal du pays. Et contrairement à ce que mon surnom vous laisse penser, je ne suis pas Ch'ti, je suis Flamand !

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